Patricia Mamet Soppelsa
Secretaire Nationale à la Santé, la Protection sociale etl'Environnement.
"PROTECTION SOCIALE, SECURITÉ SOCIALE: UNE EXIGENCE POUR NOTRE IDENTITÉ NATIONALE"
Qu'en est -il réellement de notre" modèle français" en matière de protection sociale?
Force est de constater que si les dépenses de santé et plus exactement les dépenses d'assurances maladies, n'ont pas vraiment augmentées en 2009 , le déficit de la sécurité sociale vient d'être chiffré néanmoins aux alentours de 30 milliards à l'horizon 2010, c'est ce que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui vient d'être voté au Parlement nous annonce. Il manquera bien pour l'an prochain quelques 15 milliards à l'Assurance maladie pour équilibrer les comptes.
Alors, même si la fameuse crise financière, réelle au demeurant , explique d'une certaine manière que la moitié du déficit de 2009 est due à la perte de recettes fiscales et sociales induites par la dite récession, nous devons sérieusement nous interroger sur la recherche de nouveaux modèles de fonctionnements en matière d'économies de Santé.
De nombreuses questions nous interpellent tant dans le champs de notre "identité nationale" que dans celui de notre comportement citoyen en ce domaine de responsabilité collective.
Alors quel avenir? Quelle protection sociale pour nos enfants? Comment restreindre des dépenses de santé qui semblent devoir s'alourdir avec le vieillissement d'une population appelée à être de plus en plus longtemps consommatrice de soins?
Il semble difficile d'envisager la piste de l'augmentation des prélèvements obligatoires, encore moins celle de réduire cruellement le périmètre de la solidarité nationale...Alors, que faire? Les progressistes s'interrogent et cherchent...
Des changements de comportements? sûrement! des réformes? encore plus sûrement!
Sans doute devrons nous passer par une exigence plus forte sur les dépenses de santé, la majeure partie des spécialistes en économie de la santé s'accordent à dire qu'il conviendra désormais non pas de tenter de dépenser moins mais plutôt de tenter de dépenser "mieux" pour garantir l'avenir de l'Assurance maladie dans les années à venir. L'idée ne semble pas évidente en soi partant du principe que toute maladie mérite traitement et qu'au fond on ne voit pas vraiment comment pourra s'opérer un réel choix en matière d'applications thérapeutiques, quels seraient alors les critères retenus? Au nom de quoi pourrait on refuser l'application d'une thérapeutique innovante sous le prétexte qu'elle coûte trop chère?
Si les progrès de la science, les avancées technologiques nous autorisent à un certain optimisme, même mesuré, dans le traitement de bon nombre de pathologies , il n'en est pas moins évident que dans les années à venir les systèmes de santé et leurs décideurs, seront contraints de choisir parmi les nouveaux traitements médicaux qui apparaîtront comme les plus probants en terme de coût et d'efficacité. Une logique d'économie évidente déterminera une réalité médicale et stratégique incontournable.
Les dépenses de soins sont en grande partie publiques comme chacun sait et c'est donc bien en terme collectif que devront se décider, le fait de retenir ou non, telle ou telle innovation médicale plutôt qu'une autre en vue d'une prise en charge par la Sécu. La société engagera bel et bien sa responsabilité dans cette nouvelle gestion de prise en charge médicale , imposée par la crise et les nécessités d'un temps nouveau.
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